Tête d'affiche

Jacqueline de Romilly, helléniste et icône de l'émancipation féminine

Jacqueline DE ROMILLY

( ENS Ulm, 1933 )

Helléniste et icône de l'émancipation féminine

Première femme professeur au Collège de France

Jacqueline de Romilly entre à l’E.N.S. en 1933, à vingt ans, en un temps où la rue d’Ulm fut ouverte aux femmes. En 1968 la mise en cause de l’humanisme littéraire la révulse et la conduit à multiplier des écrits pédagogiques. Elle sera une des premières femmes élues à l’Académie des inscriptions et belles-lettres et au Collège de France.

Du concours général, où elle eut plusieurs prix, jusqu’au Collège de France, où elle fut titulaire d’une chaire La Grèce et la formation de la pensée morale et politique, et à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, elle fut la première femme à occuper les positions les plus éminentes, devancée seulement à l’Académie française par Marguerite Yourcenar. A cet égard Jacqueline de Romilly (1913-2010) pourrait figurer parmi les icônes de l’émancipation féminine au XXème siècle.

En 1933, à vingt ans elle entre à l'Ecole, en un temps où, quelques années durant, la rue d’Ulm fut ouverte aux femmes. Sa mère lui offre alors une édition de Thucydide ; elle dira plaisamment de l’historien grec qu’il aura été l’un des hommes de sa vie. Elle lui consacre une thèse remarquée suivie d’études fondamentales ainsi que d’une traduction qui fait autorité.

L’autre versant de son œuvre d’helléniste porte sur les tragiques, mais une monographie sur Homère, une synthèse de l’histoire de la littérature grecque et des travaux d’histoire des idées montrent que rien de ce qui fut grec ne lui est étranger. Ecartée plusieurs années de l’enseignement par les lois raciales de Vichy (elle tiendra toujours à le rappeler), elle accède rapidement à l’enseignement supérieur et règne sur les études grecques en Sorbonne ; son ascendant vient de ce qu’elle subordonne magistralement l’érudition à l’interprétation, faisant littéralement revivre les textes anciens. En 1968 la mise en cause de l’humanisme littéraire la révulse et la conduit à multiplier des écrits pédagogiques pour défendre le meilleur des traditions de l’éducation à la française.
La retraite venue, elle s’abandonne à une vocation d’écrivain que l’atavisme (sa mère fut une romancière appréciée) et des écrits de jeunesse (notamment un roman publié en 1945 sous un pseudonyme) laissaient pressentir.